MaPrimeRénov’ 2026 : bilan du 1er semestre, la chute des rénovations d’ampleur

Le bilan Anah du 1er semestre 2026 confirme un net recul de MaPrimeRénov', avec une chute spectaculaire des rénovations d'ampleur. Décryptage et avis d'expert Watiso sur la PAC et l'isolation.

MaPrimeRénov’ au 1er semestre 2026 : pourquoi les rénovations d’ampleur s’effondrent (et ce que ça change pour votre projet de PAC)

L’Agence nationale de l’habitat (Anah) vient de publier son bilan du premier semestre 2026 pour MaPrimeRénov’. Les chiffres sont sans appel : le dispositif tourne au ralenti, aussi bien sur les rénovations par geste que sur les rénovations d’ampleur, avec une chute particulièrement marquée sur ce second parcours. Chez Watiso, nous accompagnons des propriétaires de l’Est Lyonnais dans leurs travaux d’isolation et de pompe à chaleur depuis 2014 : voici notre lecture de ces chiffres, et ce qu’ils changent concrètement pour vos travaux.

Un premier semestre 2026 marqué par un net ralentissement

Sur les six premiers mois de l’année, le nombre de dossiers MaPrimeRénov’ déposés atteint son niveau le plus bas depuis la création des deux parcours – par geste et rénovation d’ampleur – en 2024. Ce ralentissement s’explique par une accumulation de facteurs, pas par une désaffection des propriétaires pour la rénovation énergétique.

  • Un dispositif suspendu deux mois : faute de budget voté en début d’année, MaPrimeRénov’ a été mis à l’arrêt en janvier et février 2026.
  • Un embouteillage à la réouverture : l’Anah a dû traiter en urgence les dossiers bloqués pendant la suspension, ce qui a rallongé les délais d’instruction. Ils atteignent aujourd’hui environ 6 mois en moyenne sur la majorité du territoire, avec des écarts selon les départements et le type de projet.
  • Une panne technique de la plateforme fin mars et début avril, liée à un incident dans les échanges de données avec l’administration fiscale, qui a bloqué les dépôts pendant plusieurs jours.
  • La sortie de deux postes de travaux du dispositif au 1er janvier 2026 : l’isolation des murs (par l’intérieur comme par l’extérieur) et les chaudières biomasse (bûches ou granulés), qui ont mécaniquement fait disparaître les dossiers correspondants.

MaPrimeRénov’ par geste : la pompe à chaleur air-eau, seule vraie dynamique positive

Sur le parcours par geste, 68 016 dossiers ont été déposés au premier semestre 2026, contre 102 715 sur la même période en 2025, soit un recul de 34 %. Le nombre de logements effectivement rénovés via ce parcours (69 426) baisse quant à lui de 49 % sur un an.

Dans ce contexte morose, un équipement se distingue nettement : la pompe à chaleur air-eau. Avec 36 000 demandes d’aide déposées, contre 30 000 un an plus tôt, elle enregistre une hausse de 20 % et devient l’installation la plus demandée, toutes tranches de revenus confondues. Elle devance le poêle à granulés (plébiscité par les ménages modestes et intermédiaires), le chauffage solaire combiné (choisi en priorité par les foyers très modestes) et le chauffe-eau thermodynamique, qui arrive en troisième position pour l’ensemble des propriétaires. Globalement, les changements de chauffage représentent à eux seuls 81 % des travaux financés par geste.

MaPrimeRénov' 2026 : bilan du 1er semestre, la chute des rénovations d'ampleur

Rénovation d’ampleur : une chute spectaculaire

C’est le chiffre qui marque le plus ce bilan. Le nombre de dossiers de rénovation d’ampleur déposés s’effondre : 20 265 dossiers au premier semestre 2026, contre 95 036 un an plus tôt. Autrement dit, 4,7 fois moins de dossiers déposés qu’au premier semestre 2025 – un recul bien plus brutal que celui observé sur le parcours par geste.

IndicateurS1 2025S1 2026Évolution
Dossiers déposés – par geste102 71568 016-34 %
Dossiers déposés – rénovation d’ampleur95 03620 265÷ 4,7 (environ -79 %)
Demandes de PAC air-eau (par geste)30 00036 000+20 %

Cette chute s’explique par des montants d’aide revus à la baisse et des critères d’éligibilité devenus plus restrictifs. Sur le terrain, cela se traduit par des projets de rénovation globale qui basculent vers des devis moins avantageux, ou qui sont tout simplement repoussés par les propriétaires.

41 409 logements ont malgré tout été rénovés en profondeur grâce à ce parcours, soit plus de 37 % de l’ensemble des logements aidés par MaPrimeRénov’ – une proportion stable par rapport à 2025. Mais en volume, le nombre de rénovations d’ampleur recule tout de même de 28 % sur un an. Côté travaux, les fenêtres double ou triple vitrage arrivent en tête pour toutes les catégories de revenus, suivies de la pompe à chaleur air-eau pour les ménages modestes et très modestes, et de la ventilation hygroréglable (types A ou B) pour les ménages intermédiaires et supérieurs. L’isolation des murs ferme le podium : par l’extérieur pour les revenus modestes et très modestes, par l’intérieur pour les autres profils.

Notre lecture chez Watiso : la PAC est une excellente solution, mais jamais toute seule

Ce bilan confirme une tendance que nous observons sur le terrain depuis plusieurs mois : la pompe à chaleur air-eau reste, à raison, l’équipement le plus demandé. C’est un excellent choix pour réduire durablement une facture de chauffage, avec un COP qui permet de produire 3 à 4 kWh de chaleur pour 1 kWh électrique consommé. Mais notre expertise sur des dizaines de chantiers en Est Lyonnais nous impose une nuance importante que le bilan de l’Anah ne dit pas assez : une PAC installée dans un logement mal isolé ne tient jamais ses promesses.

Une maison classée E, F ou G nécessite une PAC largement surdimensionnée pour compenser les déperditions thermiques – souvent 12 à 14 kW là où une même maison correctement isolée par l’extérieur se contente de 6 à 8 kW. Résultat pour le propriétaire : un équipement plus cher à l’achat, des aides moins bien calibrées par rapport à l’investissement réel, une consommation électrique deux à trois fois supérieure, et un confort thermique qui reste décevant en plein hiver.

C’est justement pour cela que la sortie de l’isolation des murs du dispositif MaPrimeRénov’ depuis janvier 2026 nous préoccupe. Un propriétaire qui installe une PAC sans avoir pu financer l’isolation de ses murs prend le risque de payer plus cher un équipement moins performant. Notre recommandation reste la même depuis 2014 : quand c’est possible, l’isolation doit précéder ou accompagner l’installation de la pompe à chaleur, jamais l’inverse. C’est le principe de la rénovation globale coordonnée que nous appliquons sur nos chantiers à Décines, Saint-Priest, Meyzieu ou Saint-Laurent-de-Mure : isolation, ventilation, puis génération de chaleur, dans cet ordre.

Qui sont les ménages accompagnés par MaPrimeRénov’ ?

Les foyers aux revenus très modestes restent, de loin, les premiers bénéficiaires du dispositif : ils représentent 41 % des dossiers par geste et 66 % des dossiers de rénovation d’ampleur. Sur le parcours par geste, les ménages aux revenus intermédiaires arrivent en seconde position (35 % des projets financés), devant les foyers aux revenus modestes (24 %).

Ce qui va changer à partir de septembre 2026

L’Anah a annoncé un nouveau recentrage de MaPrimeRénov’ avec la suppression de plusieurs monogestes à partir de septembre 2026. Reste à voir si cette évolution redirigera une partie de la dynamique vers les rénovations d’ampleur sur la seconde partie de l’année, ou si elle continuera au contraire à freiner les projets les plus modestes. Si vous avez un projet de travaux en cours, c’est le bon moment pour vérifier votre éligibilité avant que de nouveaux ajustements n’entrent en vigueur.

Questions fréquentes sur le bilan MaPrimeRénov’ 2026

Pourquoi les rénovations d’ampleur MaPrimeRénov’ ont-elles autant baissé en 2026 ?

Principalement à cause de montants d’aide revus à la baisse et de critères d’éligibilité plus stricts, combinés à la suspension du dispositif en janvier-février et à des délais d’instruction rallongés à environ 6 mois en moyenne. Le nombre de dossiers déposés est ainsi 4,7 fois inférieur à celui du premier semestre 2025.

Faut-il isoler sa maison avant d’installer une pompe à chaleur ?

Ce n’est pas une obligation réglementaire, mais c’est notre recommandation chez Watiso pour tout logement classé E, F ou G. Une PAC installée dans une maison mal isolée doit être surdimensionnée, coûte plus cher à l’achat et à l’usage, et n’apporte jamais le niveau de confort attendu. En savoir plus sur l’isolation extérieure à Lyon.

L’isolation des murs est-elle encore aidée par MaPrimeRénov’ en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs (intérieure comme extérieure) n’est plus éligible au parcours par geste de MaPrimeRénov’. Elle reste en revanche un poste de travaux pris en compte dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, sous réserve de respecter les critères du dispositif.

Pourquoi la pompe à chaleur air-eau progresse-t-elle alors que le reste du dispositif recule ?

Elle bénéficie d’un montant d’aide qui reste incitatif et répond à une préoccupation immédiate des ménages : faire baisser une facture de chauffage. C’est aujourd’hui l’équipement le plus demandé sur le parcours par geste, quelle que soit la tranche de revenus du foyer.

Un projet de pompe à chaleur ou d’isolation dans l’Est Lyonnais ?

Watiso réalise des installations de pompes à chaleur et des travaux d’isolation extérieure à Lyon et dans l’Est Lyonnais, avec des équipes internes (pas de sous-traitance) et une expertise RGE depuis 2014. Nous dimensionnons chaque installation en fonction de l’état thermique réel du logement, pas uniquement de sa surface, pour que les aides MaPrimeRénov’ et CEE soient utilisées au bon endroit.

Pour aller plus loin :

Source des données : bilan MaPrimeRénov’ du premier semestre 2026, Agence nationale de l’habitat (Anah).

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