L’année 2025 marque une nouvelle étape dans la transformation du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie, et plus particulièrement pour la fiche BAR-TH-171 dédiée aux pompes à chaleur Air/Eau. À partir du 1er décembre, les règles évoluent à nouveau, avec un impact direct sur le montant des primes et sur les exigences techniques des installations. Pour les ménages comme pour les professionnels, il est essentiel d’anticiper ces changements afin d’optimiser un projet de rénovation énergétique. C’est en tout cas ce qui est retenu à la lecture du projet d’arrêté du gouvernement.
Une baisse sensible des kWh cumac, conséquence directe, des montants de prime pour la Pompe à Chaleur en recul
Le point le plus marquant de la réforme concerne la réduction des kWh cumac attribués à l’installation d’une pompe à chaleur Air/Eau. Cette baisse s’applique à toutes les catégories de PAC, qu’elles produisent uniquement du chauffage ou qu’elles assurent aussi l’eau chaude sanitaire, puisque cette distinction disparaît à partir du 1er décembre 2025.
Cette réduction entraîne mécaniquement une diminution du montant des primes CEE. Par exemple, une PAC Air/Eau avec un ETAS inférieur à 140 % perd environ 6 % de prime CEE. La chute est encore plus importante pour les installations très performantes relevant d’un Coup de Pouce, mais comme l’article se concentre sur la BAR-TH-171, seule la baisse des CEE standards est à retenir.
Le changement majeur se situe donc dans la manière de calculer l’impact énergétique, désormais plus strict, et dans la disparition de certains leviers qui permettaient auparavant d’optimiser l’aide.
Suppression des coefficients et simplification forcée des paramètres de calcul
Plusieurs éléments disparaissent dans la nouvelle fiche BAR-TH-171
– les coefficients de surface,
– la distinction entre chauffage seul et chauffage + ECS,
– certains seuils d’ETAS qui permettaient de maximiser le cumul des kWh cumac.
Cette simplification, en apparence plus lisible, réduit en réalité les possibilités de modulation des primes et resserre les conditions d’éligibilité autour des installations les plus standardisées. Les ménages voient moins de fluctuations dans les montants, mais également moins d’opportunités d’obtenir des aides maximales grâce à une configuration technique avantageuse.
Des règles d’incompatibilité renforcées, une vigilance accrue lors de la conception des projets
À partir du 1er décembre 2025, les règles d’incompatibilité sont confirmées et renforcées. Une pompe à chaleur de type Air/Eau éligible à la BAR-TH-171 ne peut plus être cumulée avec
– un chauffe-eau thermodynamique,
– un chauffe-eau solaire,
– ou un système solaire combiné.
L’incompatibilité introduite lors de la modification précédente, notamment concernant les systèmes solaires combinés, reste pleinement en vigueur. Les professionnels doivent donc surveiller attentivement la configuration des installations pour éviter toute invalidation de la prime.
Des contrôles renforcés, un enjeu qualité au cœur de la réforme
À partir du 1er décembre 2025, les opérations relevant de la fiche BAR-TH-171 sont soumises à un taux de contrôle accru. Le taux de visites sur site passe à 50 %, en complément d’un taux de contrôles par contact de 30 %.
Ces niveaux particulièrement élevés témoignent de la volonté des pouvoirs publics d’améliorer la qualité des installations et de lutter contre les non-conformités.
Pour les installateurs, cela implique
– une exigence accrue sur la traçabilité,
– une rigueur technique renforcée,
– une documentation complète lors du dépôt des dossiers CEE.
Pour les ménages, c’est la garantie d’un niveau de qualité supérieur et d’une meilleure fiabilité des installations.

Impact pour les particuliers en 2026, des primes plus faibles, mais un cadre plus clair
Les changements prévus au 1er décembre 2025 seront automatiquement intégrés dans les simulateurs officiels et les outils de calcul début 2026. Les ménages qui souhaitent installer une pompe à chaleur Air/Eau bénéficieront d’un cadre plus homogène, mais souvent moins généreux qu’auparavant.
L’installation d’une PAC Air/Eau reste toutefois une opération très intéressante grâce à
– des économies d’énergie importantes,
– un confort amélioré,
– un impact positif sur la valeur patrimoniale du logement.
Même avec des primes CEE en baisse, l’investissement reste rentable, surtout dans les zones où les coûts énergétiques sont élevés.
Pourquoi anticiper votre projet avant décembre 2025, un intérêt financier réel
Pour les ménages envisageant de remplacer une chaudière fioul ou gaz par une PAC Air/Eau, l’anticipation est clé. Les projets engagés avant le 1er décembre 2025 continuent de bénéficier des règles transitoires, potentiellement plus avantageuses, à condition que le dossier soit inscrit dans la liste avant le 15 décembre. Vous pouvez solliciter notre expertise sur notre page dédiée à la Pompe à Chaleur Air/Eau.
Il existe donc une fenêtre stratégique pour maximiser les aides avant l’application des nouvelles règles plus strictes.
| Éléments comparés | Avant le 1er décembre 2025 | À partir du 1er décembre 2025 |
|---|---|---|
| Montant des kWh cumac | Montants plus élevés, dépendant de plusieurs paramètres techniques | Baisse générale des kWh cumac, entraînant une prime CEE plus faible |
| Distinction chauffage seul / chauffage + ECS | Distinction existante avec des valorisations différentes | Distinction supprimée, un calcul unique s’applique |
| Influence de la surface chauffée | Présence de coefficients de surface permettant d’augmenter les kWh cumac | Suppression des coefficients, valorisation identique quelle que soit la surface |
| Optimisation par seuils d’ETAS | Possibilité d’obtenir une valorisation plus élevée pour les PAC très performantes | Seuils d’ETAS limités, impossibilité de maximiser les montants comme auparavant |
| Compatibilité avec d’autres équipements | Certaines combinaisons possibles selon les configurations | Incompatibilité stricte avec CET, chauffe-eaux solaires et systèmes solaires combinés |
| Taux de contrôle sur site | 15 % de contrôles sur site jusqu’au 30 novembre 2025 | 50 % de contrôles sur site à partir du 1er décembre 2025 |
| Contrôles complémentaires (contact) | 30 % de contrôles par contact | 30 % de contrôles par contact (inchangé) |
| Possibilité de cumuler les aides | Plusieurs configurations encore possibles avec d’autres dispositifs | Rappel des incompatibilités avec ANAH si la prime n’intègre pas le calcul des CEE |
| Valorisation technique globale | Montants optimisables avec des configurations spécifiques | Valorisation plus homogène mais moins avantageuse, moins de leviers d’optimisation |
Une réforme qui recentre la PAC Air/Eau sur la qualité et la performance
L’évolution de la fiche BAR-TH-171 au 1er décembre 2025 marque un tournant pour le secteur de la rénovation énergétique. Les primes CEE pour la pompe à chaleur Air/Eau diminuent, les coefficients disparaissent, les incompatibilités se renforcent et les contrôles deviennent nettement plus stricts. Pour autant, la PAC Air/Eau reste l’un des équipements les plus performants pour réduire les consommations et décarboner le chauffage résidentiel.
Pour les installateurs comme pour les particuliers, la priorité sera désormais la qualité de l’installation, la conformité documentaire et la bonne anticipation des règles applicables.

Rédacteur au sein de l’équipe Watiso, je suis passionné par la rénovation énergétique et l’amélioration de l’habitat. Particulièrement intéressé par les sujets de l’isolation, du chauffage et du photovoltaïque, j’essai de transmettre ma passion autour des économies d’énergie.


