MaPrimeRénov’, des annonces qui inquiètent le secteur de la rénovation énergétique
Le Conseil National de l’Habitat (CNH) s’apprête à examiner de nouveaux textes qui redéfiniront les contours du parcours accompagné de MaPrimeRénov’. Derrière ce chantier réglementaire, c’est une réalité plus amère qui se dessine pour les ménages comme pour les professionnels de la rénovation énergétique.
Alors que la rénovation d’ampleur était mise en avant comme un levier incontournable pour atteindre les objectifs nationaux de transition énergétique, les aides vont être considérablement réduites, et ce dès le 30 septembre 2025.
Des aides à la baisse et un accès limité
Concrètement, seuls 13 000 nouveaux dossiers pourront être déposés d’ici la fin de l’année, prioritairement réservés aux ménages aux revenus très modestes. Pour ces derniers, les taux d’aide resteraient inchangés (80 % pour les très modestes, 60 % pour les modestes), mais la donne change pour les autres catégories de revenus.
- Les ménages intermédiaires verront leurs aides réduites à 45 % maximum.
- Les ménages supérieurs, eux, ne bénéficieront plus que de 10 % d’aides.
Par ailleurs, les plafonds de dépenses éligibles baissent fortement, entraînant mécaniquement une division par deux des montants maximums d’aides pour les foyers modestes et très modestes, et jusqu’à –81 % pour les ménages aux revenus supérieurs.
Autrement dit, de nombreux foyers risquent de reporter, voire d’abandonner leurs projets de rénovation, faute de soutien financier suffisant.
2026, une visibilité… mais des restrictions supplémentaires
Si la filière attendait de la visibilité pour anticiper les prochains chantiers, les annonces pour 2026 s’accompagnent là encore de nouvelles restrictions.
À partir de cette date, certains travaux emblématiques sortiront du champ des aides MaPrimeRénov’ lorsqu’ils sont réalisés seuls. C’est notamment le cas de l’isolation des murs, qu’elle soit extérieure ou intérieure, ainsi que des chaudières biomasse. Ces gestes ne resteront éligibles qu’au sein d’un parcours accompagné, mais ne seront plus financés en monogeste.
Une décision lourde de conséquences, alors que l’isolation – et en particulier l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) – constitue pourtant l’un des leviers les plus efficaces pour réduire la consommation d’énergie d’un logement.

Focus sur l’ITE, une mesure regrettable
L’exclusion progressive de l’ITE en monogeste est particulièrement regrettable. Cette technique, bien que plus coûteuse que d’autres interventions, permet des économies d’énergie spectaculaires en traitant l’enveloppe du bâtiment. En supprimant les ponts thermiques et en améliorant la performance globale du logement, l’ITE reste à nos yeux le meilleur investissement à long terme pour sortir durablement des passoires énergétiques.
Il est dommage que les choix politiques actuels tendent à réduire la place de l’isolation dans les dispositifs d’aide. Car si un nouveau système de chauffage performant permet de moins consommer, une maison bien isolée permet surtout de ne pas consommer inutilement. La logique voudrait donc que l’isolation reste le poste prioritaire dans tout projet de rénovation.
Un signal contradictoire envoyé à la filière
Au moment où la France s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ces annonces envoient un signal brouillé. La baisse des aides risque de ralentir la dynamique de la rénovation, d’autant plus que les ménages auront davantage de difficultés à financer les travaux les plus efficaces.
La filière, déjà fragilisée par les changements successifs de réglementation, attendait stabilité et soutien pour accompagner les ménages. Elle se retrouve face à de nouvelles incertitudes, accentuées par la baisse annoncée de 900 millions d’euros du budget global alloué à MaPrimeRénov’ pour 2026.

Rédacteur au sein de l’équipe Watiso, je suis passionné par la rénovation énergétique et l’amélioration de l’habitat. Particulièrement intéressé par les sujets de l’isolation, du chauffage et du photovoltaïque, j’essai de transmettre ma passion autour des économies d’énergie.


